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Vidéo du débat sur les instruments de réduction de la pauvreté

Vidéo du débat du 5 mars 2010 sur les instruments de réduction de la pauvreté, avec Jean-François KAHN, Président du CRREA, Véronique Davienne, Déléguée générale d’ATD QUART-MONDE, Nicole MAESTRACCI, Présidente de la FNARS (fédération d’associations de solidarité) et Francis KRAMARZ, directeur du CREST et membre du Conseil d’Orientation pour l’Emploi.

http://www.dailymotion.com/videoxcjnj3

Retrouvez toute l’actualité du Club JADE ici.

Et vous, vous faites quoi dimanche?

Une tribune du collectif des Blogueurs

Démocrates


Un bel exemple! Que s’est-il passé ce week-end? Plus de 62% des Irakiens se sont déplacés, bravant les menaces terroristes, pour élire leurs représentants!
Dimanche, c’est pour nous tous le premier tour des élections pour nos régions. Si nous, nous n’y allons pas, que nous diront-ils? La démocratie et la liberté d’expression sont un combat de chaque jour, nombreux sont ceux dans le monde qui se battent chaque jour pour défendre la liberté de pensée. Nous, nous avons ce droit. Le premier tour ne repassera pas deux fois, c’est dimanche, ne le laissons pas passer. Ne lâchons rien: ce dimanche, votons! Et appelons à voter autour de nous!

Le premier tour des élections, c’est le tour du pluralisme!

On nous fait croire que de toute façon tout est plié, qu’on n’a pas le choix dans un combat de coqs national! Au contraire! Au premier tour, on n’a pas que deux listes qui se présentent. Dans chaque région, de nombreux mouvements se présentent pour porter un message. Un vrai choix de projets existe, le monde binaire, bipolaire qu’on nous présente fait penser au retour de la guerre froide! Mais ce n’est pas la réalité, le pluralisme existe et si des listes indépendantes se présentent à notre suffrage, c’est que des citoyens ont choisi de proposer une alternative. C’est à nous citoyens de transformer l’essai en donnant la possibilité à des voix nouvelles d’être entendues!

Les régions peuvent agir concrètement pour notre quotidien!

On nous parle de technique, de millefeuille? Ca paraît compliqué… Pourtant les régions, comme les autres collectivités locales, ont un rôle concret pour agir au quotidien. Elles sont un souffle pour la démocratie locale! Donnons-leur une vraie légitimité citoyenne en votant pour nos élus!

Et ce n’est pas aussi compliqué qu’on essaie de nous le faire croire: tous les jours on emprunte les transports en commun, on souhaiterait que le tissu de TPE et PME local soit favorisé et renforcé pour créer de l’emploi, on souhaiterait trouver des formations professionnelles adaptées, une meilleure orientation pour les jeunes. Il y a des choses à changer, à améliorer partout en France, et donc des raisons de voter pour ceux qui expriment ce changement. Ces personnes existent et se présentent à nos suffrages, écoutons-les!

Parce que notre combat de citoyens engagés est de faire vivre le débat démocratique ouvert, nous, blogueurs démocrates, appelons tous les citoyens à voter ce dimanche pour faire entendre leur voix! Nous irons voter et appellerons à voter autour de nous! Faisons tous de même!

Ma région je l’aime!

Les instruments de réduction de la pauvreté

Les Jeunes Actifs Démocrates seront

heureux de vous retrouver à

l’occasion

de leur débat sur


Les Instruments de Réduction de la Pauvreté

Invitation

le vendredi 5 mars en Sorbonne, Amphithéâtre Guizot à partir de 19h30

avec:


  • Jean-François Kahn

Quotas de boursiers dans les grandes écoles : que penser de la proposition du gouvernement?

http://www.dailymotion.com/videoxc34ld

Légitimes à Sion

Jérusalem depuis le Mont des Oliviers - Photo C. Letemplé - 21 décembre 2009

Jérusalem depuis le Mont des Oliviers - Photo C. Letemplé - 21 décembre 2009

Jérusalem. Ville éternelle tant convoitée à travers l’histoire, ville sainte pour les trois grandes religions monothéistes, ville de lumière et d’espérance. Si belle, si multiculturelle, si polyphonique. Jérusalem résonne du chant du muezzin appelant les fidèles, des prières des juifs haredim rassemblés au mur des Lamentations, des processions des pèlerins chrétiens parcourant la Via Dolorosa. Hébreu, arabe, arménien, français, anglais, russe, espagnol, italien, chinois : la ville parle toutes les langues et l’on vient l’admirer des quatre coins du monde.

Pourtant sa beauté est ternie par un conflit qui s’éternise et semble désespérément insoluble. Pour les Israéliens, Jérusalem est la capitale « éternelle et indivisible » de l’Etat hébreu. Pour les Palestiniens, celle d’un futur Etat dont on ne sait plus s’il verra le jour. Pour la communauté internationale, ce n’est pas la capitale d’Israël et la plupart des représentations diplomatiques lui préfèrent Tel Aviv.

Graffiti sur le mur de séparation entre Jérusalem et Bethléem représentant Jérusalem au milieu du drapeau palestinien - Photo C. Letemplé - 24 décembre 2009

Graffiti sur le mur de séparation entre Jérusalem et Bethléem représentant Jérusalem au milieu du drapeau palestinien - Photo C. Letemplé - 24 décembre 2009

Entièrement sous administration civile et sous contrôle militaire israéliens depuis la guerre des Six Jours de 1967, la ville est pourtant divisée entre Jérusalem-Ouest et Jérusalem-Est, considérée par les Palestiniens comme un territoire occupé. Lieu de tensions, lieu de frictions, lieu des désaccords les plus profonds, c’est là que semble se nouer le conflit israélo-arabe. C’est donc là aussi que se joue la bataille des idées et des légitimations.

Haut lieu du nationalisme israélien, ce sont quelques uns des discours de légitimation de la présence israélienne à Jérusalem dont je voudrais témoigner ici. Ces discours que j’ai entendus sur place ne seront en aucun cas à lire comme une remise en cause du droit pour Israël d’exister. Mon intention est plutôt de témoigner des usages de l’histoire à des fins politiques, de la distorsion des faits pour servir une cause expan-sioniste et de la haine qu’engendre un nationalisme exacerbé et décomplexé qui exclut une partie minoritaire de la population d’un territoire. La glorification de soi, la haine de l’Autre, la séparation et l’exclusion de ceux qui sont différents donneront peut-être à réfléchir à ceux qui s’interrogent aujourd’hui sur le sens de l’identité nationale.

Mur des Lamentations - Photo C. Letemplé - 19 décembre 2009

Mur des Lamentations - Photo C. Letemplé - 19 décembre 2009

Il y a dix jours, devant le mur des Lamentations, lieu sacré du judaïsme où les juifs haredim prient et pleurent les malheurs du peuple juif et la seconde destruction du Temple, je rencontre Tamar, une femme d’une soixantaine d’années qui s’adresse à moi et à mes amis en français. Tamar est habillée à la façon des juives orthodoxes : la tête couverte, elle porte une longue jupe, une écharpe et un manteau noirs. Elle engage la conversation, apparemment contente de pratiquer sa langue maternelle. J’apprends en effet que Tamar est venue de France s’installer en Israël il y a plus de vingt ans. Elle a fait son alyah comme on dit ici. Je discute avec elle des motivations qui l’ont poussées à exercer son « droit de retour » en terre d’Israël et de la situation politique sur place. Elle me parle de son changement d’identité de Françoise R. à Tamar B., des difficultés rencontrées au fil de son intégration, de l’attentat auquel elle a assisté et qui l’a traumatisée. Elle me parle de « nous » et d’ « eux » en me montrant l’autre côté du mur où se trouve l’esplanade des mosquées.

Dôme du rocher - Esplanade des mosquées, Jérusalem - Photo de C. Letemplé - 22 décembre 2009

Dôme du rocher - Esplanade des mosquées, Jérusalem - Photo de C. Letemplé - 22 décembre 2009

« Eux » ce sont bien sûr les Arabes mais ils ne seront jamais explicitement mentionnés au cours de la conversation.

Esplanade des mosquées, Jérusalem - Photo C. Letemplé - 22 décembre 2009

Esplanade des mosquées, Jérusalem - Photo C. Letemplé - 22 décembre 2009

Pourtant, elle m’en dit bien des choses : que tous sans exception sont des graines de terroristes prêts à se faire sauter pour détruire Israël, qu’il est faux de croire qu’ « ils » étaient là avant les Juifs, que s’ « ils » n’étaient pas là aujourd’hui il n’y aurait pas de problèmes en Israël, que la terre appartient de toute façon à ceux qui la font fructifier, et qu’elle ne comprend vraiment pas ce que veulent les Gazaouis puisqu’Israël leur fournit eau et électricité. Tamar arbore un beau sourire. Ses yeux sont bleus et son visage d’une beauté triste et fanée. A la nuit tombée, elle nous quitte finalement, ravie d’avoir fait un brin de causette avec ses anciens compatriotes, comme si elle avait ainsi comblé une apparente nostalgie de sa patrie d’origine. En prenant congé de nous, elle insiste pour nous laisser son numéro de téléphone : « surtout n’hésitez pas à m’appeler si vous avez encore des questions. » Gentille invitation. En apparence pourtant seulement. Tamar croit-elle à ce qu’elle nous a raconté ? Vraisemblablement. En tout cas elle semblait bien résolue à nous convaincre de ce qu’elle disait et de sa version pour le moins partiale de la réalité. Je lui ai dit en la quittant que ce qui m’avait frappé en l’écoutant, c’était cette distinction constante entre « eux » et « nous », cette mise à distance permanente de l’Autre dont la présence gêne, cette haine entre deux peuples qui s’immisce au cœur même de l’usage des mots. J’aurais aimé lui dire tant d’autres choses pourtant. Mais à quoi bon ?

J’aurais aimé lui dire à quel point les Gazaouis sont aujourd’hui désespérés, enfermés dans une bande de terre où tout manque et qui survit au blocus israélien grâce aux tunnels de contrebande qui relient la bande de Gaza à l’Egypte et par lesquels arrivent denrées et produits de première nécessité. Près d’1,5 millions de personnes vivent dans une prison à ciel ouvert au bord de l’explosion, sans espoir et sans avenir. L’année dernière à la même date, ils étaient sous les bombes israéliennes de l’opération « Plomb durci ». Depuis, Israël empêche l’arrivée de matériaux essentiels à la reconstruction et l’Egypte tente d’asphyxier Gaza en fermant les tunnels (Voir Le Monde du 26 décembre 2009). J’aurais aimé lui dire qu’il y avait bien des Arabes sur le sol israélien avant l’arrivée des premiers colons juifs à la fin du 19ème siècle. En tout cas, ils étaient là bien avant Tamar, née Françoise dans le Nord de la France. Certains historiens israéliens, Shlomo Sand en particulier, écrivent aujourd’hui que l’idée d’un peuple juif descendant des exilés d’Israël est une fiction et appartient à la mythologie nationale. La plupart des juifs vivant aujourd’hui en Israël seraient des descendants de populations ashkénazes et séfarades converties au judaïsme tardivement. Par ailleurs, les Arabes qui vivaient en Palestine étaient des paysans et faisaient donc eux aussi fructifier la terre. Sans doute n’avaient-ils pas la technologie leur permettant l’irrigation massive pratiquée par Israël pour cultiver sous serres dans le désert. Mais ils étaient là. Ils ne bénéficiaient pas non plus de l’aide américaine de 3 milliards de dollars par an dont l’Etat d’Israël bénéficie aujourd’hui. Les États-Unis consacrent en effet aujourd’hui 1/5ème de leur aide extérieure à Israël, qui n’a rien d’un pays sous-développé. Cette aide, équivalent à 500 dollars par an et par Israélien, permet à Israël d’être un État puissant dans la région et participe largement au déséquilibre entre Israël et l’Autorité palestinienne. (voir John Mearsheimer et Stephen Walt, “The Israel Lobby”, London Review of Books, Vol. 28, No. 6, 23 mars 2006, pp. 3-12).

Mythe ou réalité, l’idée du retour légitime des Juifs sur une terre dont ils auraient été exilés il y a plusieurs siècles ne peut faire table rase de plusieurs siècles de présence arabe sur la même terre. Il ne peut en aucun cas de toute façon légitimer la politique de colonisation et d’occupation des territoires palestiniens.

C’est en me rendant à la cité de David, cœur historique de la ville, que j’ai découvert un autre récit de légitimation de la présence israélienne à Jérusalem. Le roi David y aurait fondé la cité juive il y a 3000 ans après avoir vaincu les Jébuséens qui occupaient les lieux. Le film d’introduction en trois dimensions qui présente le site aux visiteurs, de facture hollywoodienne, s’intitule : « The City of David : Where it All Began » (« La cité de David : là où tout a commencé »). Tout un programme… Non seulement le film est ridiculement indigent d’un point de vue historique et ne fait pas état des différentes controverses historiques sur le sujet mais il établit un pont entre la fondation de la ville par David et l’époque contemporaine. Que s’est-il passé entre temps ? Rien, semble-t-il. Quels autres peuples ont habité Jérusalem au cours des siècles ? Aucun, semble dire le film. Près de 3000 ans d’histoire passent à la trappe et sont remplacés par un grand récit héroïque et triomphant de la continuité. En visitant le site internet du musée, on s’aperçoit plus clairement du but politique qui se trouve dissimulé derrière cette ruse grossière: « The Ir David Foundation is committed to continuing King David’s legacy and strengthening Israel’s current and historic connection to Jerusalem » (« La fondation Ir David s’engage à prolonger l’héritage du Roi David et à renforcer le lien historique et contemporain d’Israël à Jérusalem »). Les critiques de la fondation pointent du doigt ses acquisitions de terrains à des familles arabes destinées à judaïser Jérusalem. L’histoire ici n’est qu’un prétexte grossièrement instrumentalisé pour servir des intérêts expansionnistes non dissimulés.

Car aujourd’hui, il faut bien un discours de légitimation pour justifier les acquisitions répétées de terrains aux Arabes. Certains de ces acquéreurs ne se cachent pas de leur principal but : empêcher à tout prix que Jérusalem puisse un jour devenir la capitale d’un éventuel Etat palestinien (Voir article du Figaro du 15 décembre 2009 et Le Monde du 28 décembre 2009). La colonisation juive de Jérusalem-Est et des territoires palestiniens est tellement militante et tellement provocatrice qu’il faut bien dissimuler la violence des faits derrière un discours de légitimation. Tous les empires coloniaux de l’histoire ont agi de la sorte. De la « destinée manifeste » des États-Unis sur le continent nord-américain à la « mission civilisatrice » de la France dans les colonies, les puissances expansionnistes ont toujours eu recours à des grands mythes et récits de la justification de l’injustifiable.

Ces justifications sont fières et triomphantes à l’image de ce drapeau israélien insolent qui flotte au sommet du Mont des Oliviers au cœur de Jérusalem-Est.

Drapeau israélien flottant sur le Mont des Oliviers - Photo C. Letemplé - lundi 21 décembre 2009

Drapeau israélien flottant sur le Mont des Oliviers - Photo C. Letemplé - lundi 21 décembre 2009

Elles sont le ferment d’un nationalisme prosélyte qui nie l’Autre dans son existence même. Le mur de séparation dressé entre Israël et les territoires palestiniens en est la concrétisation spatiale la plus sordide.

Mur de séparation entre Jérusalem et Bethléem, côté palestinien - Photo C. Letemplé - 24 décembre 2009

Mur de séparation entre Jérusalem et Bethléem, côté palestinien - Photo C. Letemplé - 24 décembre 2009

Nous nous devons de combattre ces discours de légitimation qui déforment la vérité par une représentation plus juste et plus équilibrée de la réalité car aujourd’hui David est devenu Goliath et menace de réduire David en poussière.

A quand une politique française et européenne courageuse de condamnation ferme de la colonisation et de sanctions sévères envers Israël mettant en cause ses violations répétées du droit international?

Appel des bloggeurs démocrates pour la citoyenneté


inscris-toi


Nous, bloggeurs militants, acteurs de la vie de la cité, nous réjouissons que de nouveaux espaces de débats d’opinion et de constructions des choix collectifs fassent évoluer la démocratie.

Néanmoins nous clamons que l’acte démocratique garant de nos libertés, de nos valeurs républicaines, de notre modèle de société et de l’égalité de tous devant les choix qui s’offrent à nous reste LE VOTE !

Ainsi, 2010 sera une année où nous devrons à nouveau nous exprimer pour choisir dans chaque région les projets et les équipes qui auront à répondre aux enjeux de mobilité et de transports, d’éducation et de jeunesse, de formation professionnelle, de logement, d’aménagement durable et de développement économique.

Nous appelons aujourd’hui tous nos concitoyens qui ne l’auraient pas encore fait à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 Décembre 2009, pour être acteurs et décideurs de l’avenir de nos régions les 14 et 21 mars prochains. Agir pour ne pas subir!

S’inscrire sur les listes électorales, c’est simple, ça ne prend pas plus de cinq minutes et ça peut tout changer. Il suffit de se rendre au service élection de votre mairie, de vous munir d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile : http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1367.xhtml

Pour relayer au mieux cet appel nous incitons nos lecteurs à transmettre largement ce billet autour d’eux et à arborer fièrement l’avatar citoyen sur leurs profils sociaux ou leurs blogs.

Liste des bloggeurs signataires de cet appel :

Ataraxosphère http://ataraxosphere.canalblog.com/

Fred Badina http://fredbadina.hautetfort.com/

Erwan Balanant http://www.imagespolitiques.net/

Cyril Bègue http://cyril.over-blog.fr/

Françoise Boulanger http://lecanardalorangedeslandes.over-blog.com/

Pierre Braun http://www.pierrebraun.fr/

Sylvain Canet http://www.sylvaincanet.fr/

Christelle Carcone http://oreadecentriste.blog.20minutes.fr

Patricia Gallerneau http://modempornichet.over-blog.net/

Générations Engagées http://www.generationsengagees.fr/

Christophe Grébert http://www.monputeaux.com/

Paul Guermonprez http://guermonprez.eu/paul/blog/

David Guillerm http://singulierdemocrate.over-blog.fr/

Marie-Anne Kraft http://www.mediapart.fr/club/blog/Marie-Anne%20Kraft http://mariannerepublique.hautetfort.com/

Matthieu Lamarre http://matthieulamarre.lesdemocrates.fr/

Céline Letemplé http://debout.lesdemocrates.fr/

Isabelle Loirat http://isabelleloirat.over-blog.fr/

Antonin Moulart http://connexion-democrate.com

MIP http://marie-isabelle.hautetfort.com/

Chantal Portuese http://modemvarois.over-blog.com/

Orange Pressé http://ffunivers.blogspot.com

BGR http://www.humanidem.fr/

Smael Sebti http://www.sebti.fr/

Nicolas Vinci http://nicolasvincionline.blog.lemonde.fr/

L’école, grand atelier de l’identité nationale

Ils s’appellent Daisy, Khadija, Kévin, Thomas, Tatiana, Eizaz, Karl, Loris, Hilal, Ridwan, Margot, Karine, Marylène, Nadja, Djariatou, Ferhat, Aurélie, Ruben, Charlaine, Nawal, Anta, Léonard, Intissar. Ce sont quelques uns de mes étudiants de première année.

Depuis mon bureau, dos au tableau, je les regardais l’autre jour composer leur premier devoir sur table du semestre. J’avais devant moi un bel échantillon de la France colorée et métissée de nos banlieues parisiennes. Du noir d’ébène au blanc d’albâtre, leurs mains faisaient toutes la même chose : elles noircissaient la page blanche. Patiemment, laborieusement parfois, mais c’était bien le même mouvement et la même volonté qui les animaient.

En les regardant, je me disais : voici la France d’aujourd’hui, celle dont on interroge collectivement l’identité. En passant dans les rangs, j’ai bien vu quelques signes identitaires qui rappelaient les appartenances d’origine : un pendentif doré en forme de Martinique, un drapeau algérien dessiné au Tipp-Ex et coloré au stylo sur une règle en plexiglas, un voile sur une tête brune… Mais l’important n’était pas là.

Malgré les différences, la couleur de peau, le pays d’origine, la religion, ces jeunes faisaient tous la même chose. Avec plus ou moins d’aisance, avec plus ou moins de difficultés, avec plus ou moins d’enthousiasme, avec plus ou moins de succès aussi. Mais ils étaient là, réunis par la volonté de faire des études, d’obtenir un diplôme, de s’insérer dans le monde des adultes actifs, bref, de trouver leur place, tant bien que mal.

Ce qui fait aujourd’hui qu’ils sont Français, c’est qu’ils sont passés par l’école républicaine qui leur a donné des outils communs pour vivre ensemble, réfléchir ensemble, apprendre ensemble et construire ensemble. Cette école républicaine a beau être malade, elle a l’immense mérite d’exister et de tenter de donner un bagage commun à ces enfants de la république pour en faire des hommes et des femmes libres.

Autrefois ils parlaient basque ou breton à la maison et ils venaient à l’école apprendre la langue commune, le français. Aujourd’hui, ils parlent arabe ou chinois chez eux et ils viennent à l’école ou à l’université trouver les outils qu’ils partageront avec ceux dont les parents venaient d’ailleurs mais qui font la France d’aujourd’hui.

L’école publique est le ciment de notre identité nationale. Ceux qui au gouvernement la menacent aujourd’hui par des suppressions de postes, une réforme catastrophique de la formation des enseignants ou la tentation de la privatisation, portent atteinte à la seule institution qui transmet à tous les valeurs de la république.

L’école EST notre identité nationale. Elle mérite qu’on la respecte et qu’on s’en remette à elle pour poser les bases de notre avenir collectif car à elle seule, elle fait France.

Que penser du “mauvais” classement des universités françaises dans le dernier classement de Shanghai?

Mon opinion sur la question en images:

Image de prévisualisation YouTube

Non, le classement de Shanghai ne rend décidément vraiment pas justice à la recherche française:

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Petites leçons d’identité nationale à l’usage de Nicolas Sarkozy

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Le gouvernement lance un grand débat sur l’identité nationale : transformons donc cette idée nauséabonde en une belle occasion de donner au président de la République une idée plus précise de ce qu’être Français veut dire. Peut-être ainsi comprendra-t-il à quel point il trahit nos valeurs et nos grands principes républicains lorsqu’il mélange religion et politique, lorsqu’il creuse les inégalités sociales et scolaires, lorsqu’il permet que la liberté d’expression soit bafouée, ou encore lorsqu’il renvoie des « étrangers » dans un pays en guerre…

Qu’est-ce que l’identité nationale ?

Il est extrêmement délicat de définir une identité nationale. Quiconque s’essaie à le faire s’avance en terrain miné. On connaît les dérives des définitions essentialistes de l’identité, celles qui réduisent les peuples à un certain nombre de caractéristiques propres. Il est évident que l’identité française ne peut se définir en termes ethniques ou se réduire à quelques caractéristiques purement culturelles. Il est également évident que nulle identité n’est figée ni donnée une fois pour toute et qu’elle n’est en aucun cas unique ou monolithique. L’identité, qu’elle soit individuelle ou bien nationale, est toujours en évolution et par définition multiple et protéiforme. Figer l’identité c’est donc tuer l’identité.

Si l’on s’intéresse à la façon dont les intellectuels ont pensé l’identité nationale, on s’aperçoit que celle-ci a plutôt été comprise comme une communauté de valeurs et de principes qui s’articulent autour d’un modèle français original. Si on ne peut nier que ce modèle français traverse une crise d’identité profonde, il est également clair que le gouvernement actuel entend la résoudre non pas en essayant de sauver un modèle français essoufflé mais en rompant avec les quelques repères identitaires qui faisaient de la France un pays avec une identité forte, originale et affirmée.

La laïcité, socle de l’identité républicaine

Rappelons-le à Nicolas Sarkozy : être Français c’est d’abord reconnaître la laïcité comme un socle de notre République. Rares sont les pays qui chérissent cette valeur autant que la France. Rares sont d’ailleurs les pays qui comprennent ce que notre conception de la laïcité signifie. Car notre conception stricte de la laïcité est parfois comprise comme une forme d’intolérance. Au contraire, Monsieur le président, notre définition de la laïcité est stricte car nous considérons qu’elle est la condition-même de la tolérance. Interdire de porter des signes religieux à l’école, ce n’est pas être intolérant vis-à-vis de la religion ou de certaines communautés, c’est affirmer que l’école n’est pas le lieu de la religion, d’aucune religion. C’est le lieu où se développe la liberté de se faire son propre jugement sans qu’aucune forme de prosélytisme ne vienne empêcher le libre arbitre de s’exercer à l’avenir. Lorsque vous prononciez le discours de Latran vous vous trompiez donc sur la signification de cette valeur, vous avez dévié de notre identité nationale, vous avez franchi des limites qu’aucun président français n’avait franchies auparavant car ils respectaient les valeurs de notre République française. En parlant de « laïcité positive » vous vous êtes éloigné de la conception française de la laïcité, qui est une valeur absolue qui ne souffre donc pas d’adjectif. Si un président américain peut se permettre de prêter serment sur la Bible, de déclarer « God bless America » ou d’afficher ses pratiques ou ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions, c’est la tradition nationale américaine, pas la nôtre. Vous avez dévié de notre tradition nationale lorsque vous avez déclaré à Latran :

« Dans la République laïque, l’homme politique que je suis n’a pas à décider en fonction de considérations religieuses. Mais il importe que sa réflexion et sa conscience soient éclairées notamment par des avis qui font référence à des normes et à des convictions libres des contingences immédiates. Toutes les intelligences, toutes les spiritualités qui existent dans notre pays doivent y prendre part. Nous serons plus sages si nous conjuguons la richesse de nos différentes traditions. (…) la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. (…) la France a besoin de catholiques heureux qui témoignent de leur espérance. »

Non Monsieur Sarkozy, la religion n’a rien à faire en politique et vous n’êtes pas un président américain qui peut, parce que sa tradition nationale le permet, abolir par moments le mur de séparation dressé entre l’Eglise et l’Etat par le premier amendement de la Constitution américaine. Notre conception française de la laïcité ne nous permet pas une telle liberté parce que la liberté de conscience est comprise comme un droit privé qui, s’il devient public, porte  atteinte à la liberté des autres, ceux qui ne seraient pas catholiques, justement. Cette liberté que vous avez prise en tant que chef d’Etat était exclusive de l’Autre et ce n’est pas ça la conception inclusive de la liberté française garantie par la laïcité.

« Liberté, égalité, fraternité »

L’exemple précédent illustre la spécificité de la tradition nationale française par rapport à la tradition nationale américaine. Mais le modèle de société français découle également d’une conception particulière de la République fondée sur trois valeurs essentielles : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Plus qu’une devise, ces trois notions juxtaposées résument un projet de société et un modèle républicain qui diffèrent profondément du projet de société américain. C’est de la comparaison entre ces deux pays qu’on peut trouver un moyen de dégager ce qui fait la spécificité de notre modèle républicain français.

Le projet de société français se fonde sur le modèle républicain qui doit garantir la liberté et l’égalité. Ces deux valeurs vagues et abstraites sont comprises en France de manière très différente de la façon dont elles sont comprises outre-Atlantique. Si aux Etats-Unis la liberté est avant tout individuelle et l’Etat généralement perçu comme une entrave à cette liberté, en France la liberté du citoyen est garantie par un Etat fort et centralisateur qui se doit d’aplanir les disparités en favorisant l’égalité entre les individus. En France, liberté et égalité vont de pair et c’est la seconde qui permet le plein épanouissement de la première. La fraternité est l’instrument par lequel on crée l’égalité nécessaire à l’épanouissement de la liberté mais c’est aussi une fin en soi car la société républicaine a pour mission de créer du lien entre les citoyens et de les unir par la réalisation d’un projet commun. Il n’est de liberté pour tous que dans un espace social qui réduit les inégalités à travers une conception particulière de la solidarité nationale résumée par la notion de fraternité, unique notion transcendante de cette trinité républicaine. Aux Etats-Unis au contraire, la liberté s’épanouit dans la différence, dans la pluralité des individualités fragmentées et dans le respect de cette pluralité plutôt que dans l’unicité d’une identité nationale transcendante et assimilatrice. « E Pluribus Unum » : l’union naît de la diversité et de la pluralité. L’égalité, elle, n’est pas vraiment une notion qui doit être protégée ou promue par la république américaine. Elle est posée comme une donnée première et naturelle: les hommes sont égaux au moment de leur création, ce qui ne signifie pas qu’ils le restent ni que la nation doive protéger cette condition première de l’homme. Dans le préambule de la Déclaration d’Indépendance de 1776, les droits inaliénables de l’homme sont la vie, la liberté et la recherche du bonheur, une autre façon de parler de la prospérité au 18ème siècle :

« We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness. »

L’égalité, elle, est conçue comme une identité de condition à la naissance, pas comme un droit inaliénable qu’il faudrait protéger ou promouvoir. Cette conception de l’égalité comme donnée première à la naissance n’exclut donc pas l’évolution des individus vers une inégalité de conditions au cours de leur vie. La liberté, elle, est un droit inaliénable, tout comme la vie et la recherche de la prospérité matérielle, mais pas l’égalité. Ici se situe une des différences fondamentales entre l’identité républicaine française et l’identité républicaine américaine : en France c’est l’égalité qui mène à la liberté de tous alors qu’aux Etats-Unis la liberté individuelle peut s’épanouir pleinement malgré l’inégalité de condition entre les individus. Il s’agit bien évidemment de représentations et d’imaginaires nationaux mais, à l’heure où tout semble indiquer que le modèle de référence de Nicolas Sarkozy est le modèle américain, il paraissait plus que nécessaire de rappeler les différences fondamentales qui nous séparent de nos amis américains.

Le débat sur l’identité nationale et la trahison des principes républicains

En devenant Président de la République française, Nicolas Sarkozy s’est posé en défenseur de l’identité nationale en créant un nouveau ministère : celui de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. Pour des raisons historiques et politiques évidentes, la notion d’ « identité nationale » est suspecte aux yeux de bien des Français et la création de ce nouveau ministère avait provoqué des réactions outrées dans le monde politique et associatif. La juxtaposition des termes d’immigration, d’intégration et d’identité nationale laissait en effet craindre l’institutionnalisation d’une conception très droitière et nationaliste de l’immigration, désormais perçue comme un danger pour une identité française comprise dans un sens ethnique voire racial. Certains y percevaient déjà des relents fascisants et craignaient, probablement à juste titre, la légitimation d’un certain type de nationalisme exclusif et douteux.

Aujourd’hui c’est un grand débat sur l’identité nationale qui est lancé et qui me donne l’occasion d’être pleinement française en exerçant ma liberté d’expression contre l’ouverture même de ce débat et contre les abus et les déviances du pouvoir en place. Nicolas Sarkozy trahit les valeurs de la devise française lorsqu’il augmente les inégalités en créant le paquet fiscal qui donne plus à ceux qui ont déjà beaucoup ou en supprimant la carte scolaire qui risque d’accroître un peu plus les inégalités scolaires. Nicolas Sarkozy et son régime trahissent nos valeurs lorsqu’ils permettent que la liberté d’expression des intellectuels et des citoyens soit bafouée lorsqu’on demande par exemple à une jeune lauréate du prix Goncourt d’observer un devoir de réserve. Nicolas Sarkozy et son gouvernement trahissent les idéaux de la France fraternelle et accueillante lorsqu’ils ordonnent la reconduite de ressortissants afghans aux frontières de leur pays en guerre. Enfin, Nicolas Sarkozy et Eric Besson trahissent l’identité nationale lorsqu’ils ouvrent un grand débat sur l’identité nationale car au lieu de rassembler, le projet sous-jacent semble bien être de diviser les Français et de stigmatiser ceux qui ne le seraient pas, réduisant en miettes une valeur trop souvent oubliée de notre devise nationale : la fraternité.

L’heure est grave, Monsieur Sarkozy. Notre identité nationale est menacée : vous la trahissez.

Que s’est-il vraiment passé à Dijon ?

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Nous commençons à le savoir, Ségolène Royal a volé la vedette à son (ancien ?) ami Vincent Peillon qui organisait hier samedi 14 novembre une grande rencontre du Rassemblement (social, écologique et démocrate) autour du thème de l’Ecole. Les médias, comme des vautours affamés, se sont jetés sur ce bout de viande dont ils ont coutume d’être friands. La politique du coup médiatique à laquelle nous a habitués la candidate aux présidentielles de 2007 a encore été largement relayée par des médias moutonniers avides des petites querelles de la cour de récré politique.

La réunion de Dijon parlait bien d’École mais cherchait à s’extraire de la cour de récré pour rassembler des progressistes de tous horizons autour d’un nouveau contrat entre l’École et la nation. J’étais à Dijon ce week-end et j’ai travaillé, avec d’autres, à la préparation de ce rassemblement. La venue inopinée de Ségolène Royal est bien la dernière chose qu’il fallait retenir de cette réunion historique. Car il s’est bel et bien passé quelque chose à Dijon. Non seulement l’École, ce terrain si glissant pour les responsables politiques, est revenue au centre du débat, mais en plus j’ai le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de neuf sur la scène politique française. Enfin des responsables politiques progressistes se mettent autour de la table pour entamer une réflexion commune sur un sujet qui mérite de dépasser les logiques partisanes ! Enfin on veut redonner une ambition à notre école républicaine ! Enfin on assiste à un événement politique qui fait bouger les lignes et qui proclame qu’une alliance progressiste est nécessaire pour opposer un front commun à la droite sarkozyste qui fait tant de mal à notre école républicaine et à notre pays. Il aura fallu attendre une accumulation de dérives anti-démocratiques du gouvernement actuel nostalgique de la France de Pétain pour assister à un réveil commun de l’opposition. L’heure était en effet venue de dire non ensemble à un régime nauséabond qui remue la vase qui s’était déposée au fin fond de notre conscience nationale. Car ce qui fait que nous sommes Français, c’est bien que nous ou nos enfants passent par l’école républicaine et laïque. Marielle de Sarnez l’a rappelé dans son discours: « l’École c’est le visage de l’identité républicaine, qui est pour moi, et je crois pour nous, le vrai nom, non déformable, non instrumentalisable de l’identité nationale ».

Au moment où un grand débat orchestré par la droite cherche à diviser les Français et à récolter l’adhésion des sympathisants du Front National, il était important de démontrer que notre socle commun national et républicain s’érige sur l’école publique gratuite, laïque et républicaine, attaquée de front par l’UMP qui remet en question sa gratuité et l’égalité des chances en favorisant la marchandisation du savoir et la ghettoïsation des établissements scolaires (voir ma note sur la destruction planifiée du service public d’éducation). Outre la qualité des débats qui réunissaient les grands syndicats, des responsables politiques socialistes, verts et MoDem, et des spécialistes de l’éducation de tous horizons, cette manifestation a prouvé que nous sommes capables de dialoguer les uns avec les autres lorsque des objectifs communs nous rassemblent et dépassent les logiques partisanes et les démarches personnelles. Cet événement était une première réponse à des attentes fortes de nombreux Français : lutter ensemble contre le projet de société de Nicolas Sarkozy et bâtir un nouveau pacte commun pour l’Ecole, lieu où se construit aujourd’hui la France de demain.

Pour en savoir plus, visitez le site du Rassemblement social, écologique et démocrate.

 

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